Des voix silencieuses se font entendre au milieu des salles de classe. Ce sont les voix des Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap (AESH) en France, dont le témoignage poignant nous révèle les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Derrière le sourire que beaucoup arboreront pourtant au quotidien se cachent des réalités bien moins reluisantes.

La précarité financière : Un combat quotidien

J’aime cette fonction d’aesh mais je ne peux en vivre.

Je ne peux plus me nourrir, avec l’inflation c’est très difficile, tout devient de plus en plus compliqué.

Je suis en lien avec pôle emploi, je postule, aucune réponse et les mêmes offres défilent pendant des mois, que ce soit indeed, et tout autre moteur de recherche.

Auchan pour un complément, on me répond, ils vont voir car plusieurs postes proposés.

La réponse, vu les horaires des aesh c’est impossible.

On parle périscolaire, inscrite missions vacataires mais rien.

Ce n’est pas non plus une solution quelques heures par ci par là. C’est toujours insuffisant.

Il faut soit subir la précarité imposée soit démissionner pour un CDI ailleurs avec 2 mois de préavis …les aesh sont coincées.

Démissionner ou refuser un quelconque contrat, renouvellement CDD contractuel ou passer en CDI contractuel, un refus > pas de chômage. Pas de rupture conventionnelle possible. Il faut travailler six mois pour rouvrir les droits et être en recherche active d’emploi. Vu avec pôle emploi.

Les aesh sont coincées dans ce système. Surtout les mères solo.

À un âge c’est trop jeune, ensuite c’est trop vieux, le plein emploi prôné par l’Etat est où ?

Je n’ai pas de déjeuners, il me reste un petit morceau de pain dur. Et je n’exagère en rien, c’est la vérité. Pour ce soir j’ai une tomate et un reste de pâtes de hier que j’ai fait en salade ce midi et idem pour ce soir. Pour moi toute seule.

Mon enfant est parti vers son studio pour ses cours et revient mercredi pour son poste d’alternance.

Je ne peux pas l’aider financièrement, ni l’aider pour s’alimenter, je peux à peine le nourrir à la maison.

J’ai honte de dire que je suis aesh, précaires.

Je suis quelqu’un qui aime bouger, booster les élèves, je ne ressens pas cet enthousiasme pour mon travail actuellement. Il manque quelque chose. Un temps plein pour que je me sente vivre. Là, c’est déprimant.

Je ne cuisine plus par manque de moyens. Je suis complètement dégoûtée de ce système. Personne ne nous entend, personne ne veut l’entendre, ont-ils conscience des prix imposés de taxes ?

Et on veut donner des cours de cuisine pour combler l’inflation des jeunes ?

Je ne prends jamais de plats cuisinés.

Ce n’est pas bon tout ce côté industriel, toutes ces boîtes, emballages, conservateurs et les prix. Sans compter tous les rappels de produits.

Aujourd’hui, je ne sais plus trop où j’en suis.

Tout m’est interdit. Regarder les rayons, les prix, essayer de trouver des solutions, si peu.

Je ne perçois même pas 1 000 € nets.

Dessus on me déduit les IJSS dues au covid depuis 2021.

Ça commence à faire long plus les fois où je l’ai repris sans complications mais grosse fatigue, température, bronches, impossible de travailler.

Difficile de récupérer mais il fallait y aller car sinon trop d’IJSS à rembourser.

Pourquoi n’y a-t-il pas de subrogation comme pour les enseignants ?

Certains départements le font et d’autres pas.

Tout plaquer ou subir et qui veut de moi à 50 ans passés ?

J’ai pourtant un métier.

Je ne peux pas faire de formation, j’ai vu le RH c’est 80 % du salaire brut sauf que le service n’acceptera pas et que ferai-je avec autant d’argent ?

Je n’y arrive déjà pas ainsi.

Aesh n’a pas de sens d’où la pénurie.

Les gens ne sont pas fous pour subir.

Les grèves ne servent à rien sinon cela se saurait depuis toutes ces années de bataille.

Je ne peux pas faire grève et ne suis pas syndiquée.

Je connais mes droits.

Pour calculer le salaire d’une aesh : indice x 4,92 x quotité (0,…) = salaire brut

Sans IR (indemnité de résidence) 1% pour moi, PSC (15 € bruts aide à la mutuelle) et SFT (en fonction du nombre d’enfants jusqu’aux 20 ans) que je n’ai pas non plus.

Mes collègues ont la primes d’activité, moi pas. Ils comptent le salaire des alternants qui eux-mêmes doivent payer un studio, frais de train, edf, assurances, etc… se nourrir.

C’est un monde à deux vitesses.

C’est comme pour mon enfant, si il était en initial il aurait l’aide à l’installation par l’éducation nationale, étant étudiant en Licence en alternance, je n’ai droit à rien par mon employeur.

Je ne peux me reloger, je ne peux rien faire.

Et je ne veux pas embêter mes enfants plus tard.

Je dois de plus travailler jusqu’à 67 ans car j’ai pris 3 ans de congé parental et j’ai dû m’arrêter 4 ans pour garder mes enfants, la nounou ne les prenait pas malades, mon ex mari en déplacement.

Lui a fait carrière quant à moi j’ai d’y interrompre la mienne et j’en paie les conséquences. Je n’ai pas eu le choix.

Que faire ?

Lorsque je demande plus d’heures, cela fait 6 ans que j’en demande et on me répond que c’est planché… pas pour tout le monde…apparemment.

Aesh déroutée. Un jour je vais tout stopper net”

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